vendredi 25 juin 2021

Première chimiothérapie, première cure, première injection.

Le stress face à l'inconnu. J'ai 40 ans et un lymphome de Hodgkin diagnostiqué. Il s'est matérialisé il y a quelques semaines, une boule s'était mise à gonfler à la jonction du cou et de la clavicule. Ils appellent ça un ganglion de Troisier, en hommage à celui qui l'a découvert et associé au lymphome. 
Sur la photo on voit un pansement, la biopsie du ganglion a généré des complications, la cicatrice ne pouvant pas cicatriser, fistules et ganglion qui continuait de grossir... Cela m'a décalé la première chimiothérapie d'une semaine. 

Finalement j'y suis ce matin. On me suis dans un service d'hématologie dans un hôpital d'une grande ville.

Le médecin qui travaille en collaboration avec mon oncologue vient de me recevoir et de m'expliquer en détail la torture qui m'attend, j'entends par là le cocktail médicamenteux que je vais recevoir.


Voilà l'Openspace, l'antre dans laquelle je vais me faire piquer. 
Et c'est par là que le produit va passer. En attendant l'injection je reçois un cocktail de prémédication. Avant d'obtenir cette perfusion, mon infirmière du jour et sa stagiaire m'ont raté deux dois. Moi qui ai une appréhension des piqûres et de la douleur dans le veine, j'ai été gâté. La première fois ma veine n'était pas assez droite, la deuxième fois ma veine s'est mise à gonfler, pas comme un ballon mais assez pour que cela soit douloureux. La troisième, c'était la bonne. Je supporte doucement ce glou glou froid dans ma veine. J'ai sans cesse à l'esprit cette idée que toute ces douleurs sont pour là pour contraster avec celles que j'aurai bientôt, lorsque qu'ils decideront d'injecter les produits. Qu'ils n'ont pas encore reçu...

Mais qui arrivent, je commence par de la bleomicyne. Je patiente en écoutant Steve roach et Byron Metcalf et en lisant Acadie d'Ungerer. J'ai beaucoup aimé le passage où, avec sa femme, ils égorgent le cochon.
 première injection, l'arbre à médicaments commence à bourgeonner. J'en ai pour une heure. 
En cherchant sur le Vidal, la bleomicyne fait tomber les cheveux, mais pas que !! 
Ca me laisse rêveur, une belle merde pour combattre une bien supérieure.
Je retourne à mon livre, en tendant l'oreille pour entendre tomber mes cheveux.
J'ai des picotements dans les mains, c'est gênant, pas encore désagréable. Je sens que mon échelle de douleur va s'étoffer.
Il y a un fourmillements de tâche autour de moi, l'Openspace est propice au partage et à la contemplation de la maladie. 
Pleins de petits vieux et de petites vieilles me tiennent compagnie.
Deuxième injection, dacarbazine, sur le papier il ne donne pas du tout envie, il est cancérogène chez les rats. Encore une histoire de bénéfice risque en fait. 
lire le Vidal apaise un peu mon anxiété vis à vis des produits que j'accepte d'injecter dans mon corps. 
Mais c'est dans la sensation de la diffusion du produit que les choses se jouent. J'ai des sensations désagréables dans le ventre et dans les mains, le regard qui se brouille de temps en temps. Physiquement ça n'est pas insurmontable, ni insupportable, mais ça gêne. Un produit transparent et pourtant une couleur froide dans les veines... Au niveau de la perfusion. 
Solène vient de rincer la merde d'avant, pour m'en injecter une autre, la vinblastine. Moins de prose autour de celle-ci. C'est peut-être une gentille. Je vais me laisser du temps pour étudier plus en détail les cocktails injectés aujourd'hui. 
j'ai des vertiges de temps en temps, je ne sais pas si c'est la chimiothérapie ou parce que je n'ai pas mangé.
Dernier produit, doxorubicine, celui-ci est plus joli, légèrement teinté de rouge. 

Ça donne une couleur orangée et sucrée. Le Vidal lui donne également une coloration agréable. 
Maintenant il n'y a plus qu'à patienter. J'aurais bientôt fini ma première injection, à part quelques transpirations, bouffée de chaleur, j'ai l'impression que j'encaisse correctement, pour l'instant... À suivre.

Les fourmillements dans les cuisses, les molets et les doigts commencent à me faire réaliser que la chimiothérapie est bien réelle. Pas de nausées grâce à une bonne dose de médicaments.

Le meilleur remède à cette saloperie c'est de garder le rythme, d'où l'idée d'aller se changer les idées en allant voir un concert en charmante compagnie. 


Ce bar de Fougères, l'Embardée est très sympa, très lumineux et en plus on y boit de la bière (du condamné) fabrication maison, la chanteuse be-joy nous a sussuré aux oreilles ses douces paroles et mélodies.

J'ai même eu le droit à une voiture aménagée pour le retour, j'avais beaucoup de fourmillements, l'impression d'avoir les jambes en coton.

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